Sami et Maria MAAOUI • Le CSMG et le COSEC
Sami Maaoui est né le 5 octobre 1966.
Sa famille arrive à Épinay-Sous-Sénart lorsqu’il a deux ans en 1968.
Ils habitent d’abord avenue Charles Gounod près du petit centre commercial.
Sami voit le grand centre commercial, de l’autre côté de la route départementale, sortir de terre, ou plutôt sortir des champs, précise-t-il.
« J’ai vu cette petite ville grandir jusqu’à atteindre 14 000 habitants. Au niveau du petit centre commercial qui formait une sorte de L (actuel bâtiment du centre médical), il y avait derrière un parking où s’implantait le marché. Le petit centre comportait une boulangerie, une boucherie, un pressing, une librairie, une supérette, etc…
Là où se trouve l’actuel marché, il y avait de l’herbe. C’est là que venaient se poser les cirques ainsi qu’une fête foraine avec palais des glaces, manèges… Il y avait déjà une vie de la cité qui se construisait. Pour nous les mômes, c’était sympa. On jouait tous ensemble dans le quartier. On allait aussi souvent se balader sur les bords de l’Yerres du côté du Gord ou en forêt de Sénart. »
La famille de Sami trouve à Épinay un appartement neuf et assez grand pour accueillir ses parents et leurs cinq enfants.
« Mes parents avaient leur chambre, j’étais avec mes deux frangins dans une autre, et mes sœurs dormaient dans la dernière. Je me rappelle que depuis nos chambres, le dimanche soir, on se mettait les uns au-dessus des autres pour tenter d’apercevoir ce qu’il y avait comme film sur notre télé noir et blanc. On se faisait recadrer au bout de cinq minutes » dit-il en riant.
Son père travaille comme électricien et chef de chantier dans le bâtiment, principalement sur Paris. Il prend le train à Brunoy pour s’y rendre. Pour se nourrir le midi, il emporte sa précieuse gamelle préparée par son épouse.
Sa mère fait beaucoup de ménages chez des particuliers, notamment deux médecins de l’époque, madame Menahem (ophtalmologue) et madame Le Ménestrel (gynécologue).
« À l’époque, mes parents, qui étaient d’un côté d’origine tunisienne, de l’autre espagnole, venaient faire leur vie ici. Ils avaient pour but de s’intégrer le mieux possible. Ils ont rapidement fait partie des parents qui s’investissaient dans les associations et la vie de la cité. À ce moment-là, il y avait une mixité qui était plutôt sobre et bienveillante. »
Au début des années 70, il n’y a pas beaucoup d’associations sportives. Or derrière l’École la Croix Rochopt, il y a la petite chapelle où sont donnés des cours de judo. C’est dans ce club que sont inscrits la plupart des gamins du secteur. Sami, son frère et leur mère s’y rendent donc naturellement pour voir si ça les intéresse. Mais…
« Je voulais faire du judo comme mes copains, mais on est passé devant la salle des fêtes (secteur MAC actuelle), et là on a vu des gamins en train de faire des exercices, de bouger leur corps… Et mon frère Jamel a dit « C’est ça que je veux faire ! » …
On est rentré dans la salle des Fêtes, on a vu les gosses en train de faire de la gym. On a vu aussi cet homme, c’était Christian Col. Et on est parti là-dedans. Le judo bye-bye et bonjour la gym ! »
Ils intègrent tous les deux le CSMG (Club Sportif Municipal de Gymnastique). Pour eux, c’est pratique, ils sortent de l’école Croix-Rochopt et foncent 30 mètres plus loin pour s’entrainer. Sami a 6 ans quand il démarre la gym.
La ville continue de se construire. Le grand centre commercial est réalisé.
Ses parents achètent un appartement plus grand dans la Grande Tour.
« C’est là qu’on a eu notre premier téléphone, bicolore avec deux marrons différents. »
Son père rentre rapidement dans la fonction territoriale et devient gardien du gymnase Jean Piaget, employé par la ville d’Épinay. La piscine Tournesol se construit également, et la mère de Sami en devient la caissière.
« Mes parents ont alors eu un logement de fonction très proche de la piscine. Et on a redéménagé. Je me rappelle le midi, la piscine était fermée et nous on en profitait pour y aller, elle était pour nous tous seuls, on en a bien profité. Pour le collège, je suis allé au Collège la Vallée qui venait de se construire. Mais je n’y suis resté que pour ma 6e. »
À la gym, Sami rencontre Marc Teboul, devenu un de ses plus vieux copains, dont le père tient une bijouterie dans le grand centre commercial.
Le club de gym rythme leurs vies. Le CSMG compte jusqu’à 500 licenciés, ce qui est énorme pour un petit club. Il y a des fêtes mémorables où tous les gymnastes défilent dans les rues d’Épinay. Sami y est souvent porte drapeau. La fanfare municipale les accompagne. Les figures mythiques du club sont monsieur et madame Delaroute, et Christian Col, l’entraineur.
Au CSMG, Sami et son frère Jamel réalisent de bonnes performances et se font remarquer. En 1978, tous les mercredis, Sami part passer une journée à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance). À cette même date, le gymnase COSEC d’Épinay est construit et la mère de Sami en devient la gardienne.
Elle va occuper ce poste pendant plusieurs décennies où elle voit passer des générations d’élèves. Rigoureuse dans sa gestion, toujours disponible, elle marque les esprits.
« Au COSEC, quand il n’y avait pas de compétition, on s’amusait bien avec mes frères et mes sœurs. Comme ce gymnase était multisport, on faisait du roller ou du tennis par exemple. Et puis en juin 79, j’ai passé des tests physiques, techniques et psychologiques à l’INSEP, et j’ai été retenu. »
C’est ainsi qu’après sa 6e, Sami, puis son frère, intègrent tous deux le prestigieux INSEP.
Deux gymnastes féminines d’Épinay rejoignent également l’établissement au même moment. Il s’agit d’Isabelle Marches et d’Isabelle Cambrai.
À l’INSEP, tous les sports olympiques sont représentés.
« On était les « petits gyms » par rapport aux monstres qu’étaient les judokas comme Thierry Rey que j’ai côtoyé. On fréquentait aussi des joueurs de tennis comme Henri Lecomte ou Guy Forget. »
Sami et son frère sont en internat. Ils ne rentrent que le week-end chez eux à Épinay où ils voient leurs copains et où ils font les compétitions de gym pour le CSMG.
À l’INSEP, Sami et Jamel suivent des cours scolaires le matin et en début d’après-midi.
« Pour les entrainements de gym, ça commençait à partir de 15h30 et ça durait souvent jusque vers 20h. On devait courir pour aller manger le soir. »
Sami reste trois ans à l’INSEP, il arrête après s’être blessé, mais reste toujours en contact avec l’Institut. Il poursuit ses études au lycée Talma à Brunoy.
Le père de Sami reprend son poste d’électricien et travaille pour la ville. Il décède quelques années plus tard en 1984.
Sami fait ensuite une licence de STAPS en FAC à Paris dans le 15e en tant qu’étudiant salarié. Il donne en parallèle des cours de gym à Épinay et s’y entraine également.
Avec l’équipe du CSMG, Sami gagne dix fois la Coupe de France. En 1988, le club gagne même le doublé championnat/coupe de France. De 1988 à 2004, 7 gymnastes du club participent aux Jeux Olympiques ou aux championnats du monde.
Sami obtient un poste d’entraineur de gym à Épinay en 1993 pour les collégiens (Classe sportive). Pendant ce temps-là, Jamel, son frère, devient professeur de sport et part enseigner à l’INSEP. Sami prend en charge l’entrainement de toute la partie haut niveau du CMSG. Il quitte le club début 2007.
En octobre de la même année, il rejoint l’École Nationale des Arts du Cirque à Rosny-sous-Bois où il enseigne les disciplines circassiennes, mais aussi l’anatomie et la physiologie.
« À Épinay, nous avons vécu une enfance heureuse. Le sport, la nature environnante et l’accompagnement soutenu des acteurs de la vie de la cité, nous ont permis de grandir dans un bon état d’esprit. »

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