Laure et Jacqueline DA SILVA

Laure et Jacqueline DA SILVA

Jacqueline est née le 16 juin 1941 et Laure, sa fille, est née le 4 janvier 1971.

Jacqueline explique comment elle et son mari ont connu Épinay.

« Nous avions un ami, Monsieur Belleville, qui travaillait comme commis architecte à Paris, et c’est lui qui a fait les plans du quartier des Gerbeaux. Quand il a conçu ce quartier, il a demandé à son patron d’avoir un logement sur Épinay, ce qu’il a obtenu. Quand il s’est installé à Épinay en 1970, Il s’est dit mais pourquoi je ne monterais pas une fanfare ? Et donc il a créé la fanfare « La lyre » et il a signé les documents avec Monsieur Biteau, le Maire d’Épinay de l’époque. Mais Monsieur Belleville savait jouer du clairon, mais ne connaissait pas le solfège. Donc comme on était très amis avec lui, il a demandé à Francis, mon mari, de venir à Épinay et de s’occuper avec lui de « La Lyre ». C’est comme ça que mon mari a connu Épinay. 

Nous, nous habitions à la Queue en Brie, mais à partir de ce moment-là, mon mari est venu à Épinay lors de toutes les sorties musicales de la fanfare, et tous les mercredis pour les cours et les répétitions.

Plus tard, nous sommes venus habiter Boussy et Laure habite Épinay depuis 2015. »

Jacqueline raconte comment s’organise la vie autour de la fanfare d’Épinay.

« Mon mari venait tous les mercredis à Épinay et rentrait à 22h00 à la maison. Toutes les sorties, les manifestations, les échanges avec le comité de jumelage, les commémorations officielles, on était là, sauf à partir de début juillet jusqu’à fin août (relâche). » 

Laure se retrouve très vite au cœur de la fanfare.

« Moi à partir de 10 ans, j’ai été à « La Lyre ». Comme j’avais d’autres activités, je venais le mercredi soir de 18h00 à 20h00. Et le dimanche à toutes les cérémonies. 

Ma nièce et ma fille ont également intégré la fanfare, l’une à 4 ans s’est mise à la musique, et l’autre à 6 ans. Quant à moi quand j’étais enceinte, j’ai continué à venir jouer. À un moment donné, j’ai arrêté les défilés mais j’ai continué de jouer jusqu’à 4 jours avant d’accoucher. » 

Jacqueline revient sur le travail de son mari au cœur de « La Lyre. »

« Mon mari le soir, il écrivait des partitions pour clarinette, des partitions pour tambour, des partitions pour trompette, souvent jusqu’à minuit. »

La fanfare prend de l’ampleur et elle évolue. Laure et Jacqueline racontent.

« Moi (Laure), j’ai appris à jouer de la clarinette au conservatoire. Donc c’est ce que j’ai joué en arrivant dans la fanfare. Après, il y avait d’autres personnes de la fanfare qui voulaient jouer de cet instrument, donc je leur ai appris à jouer de la clarinette.  On s’est rendu compte qu’il manquait un saxophoniste. Je me suis dit, ça ne doit pas être compliqué de jouer du saxo. Alors j’ai acheté la méthode pour jouer de cet instrument. L’embouchure est la même que pour la clarinette. Et j’ai appris de mon côté à jouer du Saxo, et j’en ai joué pour la fanfare. Pour la trompette, Claude Belleville en jouait, donc il apprenait à un nombre limité de personnes à jouer de la trompette. Idem pour le tambour, c’est Claude qui savait en jouer et qui l’apprenait à ceux qui voulaient. On avait beaucoup de jeunes qui venaient s’inscrire à la fanfare. C’était un moyen de faire de la musique, de jouer d’un instrument, et en plus, c’était gratuit. Après, on avait souvent plusieurs frères et sœurs de la même famille qui nous rejoignaient. »

Jacqueline et Laure complètent les explications.

« Pour le solfège, mon mari était très pointilleux. Il s’était formé dès l’âge de 6 ans et avait même fait le conservatoire de Paris. S’il fallait répéter 30 fois pour être juste, il faisait répéter 30 fois. C’était lui le chef d’orchestre, celui qui dirigeait la fanfare, et rien qu’à son regard, on savait si ça allait ou pas.

Pendant les répétitions, on était toujours sérieux. À la fin de chaque répétition le mercredi, on buvait toujours un coup et on discutait, c’était plus détendu. Dès qu’on pouvait, on se réunissait pour faire un barbecue ou un pique-nique. »

« Après, quand on a été assez nombreux, il y a eu un partenariat avec le conservatoire de Yerres. On a reçu une subvention pour que les jeunes musiciens spinoliens de « la Lyre » qui étaient prometteurs puissent accéder à une formation musicale plus poussée que celle qu’on leur délivrait à la fanfare. Grâce à la subvention, on leur payait 50% de leurs cours au conservatoire. Bien sûr, ils continuaient de jouer dans notre fanfare d’Épinay. »

« On a eu aussi des partenariats avec le conservatoire de Yerres qui nous ont permis de jouer pour trois grands concerts, un à Brunoy et les deux autres à Yerres. Il y avait la fanfare de Crosne, les élèves du Conservatoire de Yerres et nous. On était dirigé par Alexis Roy, qui était chef d’orchestre à l’armée et avait un très haut grade, et par Monsieur Sorlin.

On sortait un peu du cadre fanfare, et on a relevé ce défi. Les deux concerts ont été sensationnels. Ça a permis à « La Lyre » de changer de registre et ça nous a poussé vers le haut. »

« Notre fanfare défilait à Épinay quand il y avait des grandes manifestations sportives, la fête du sport ou la fête de la ville, le carnaval, toujours avec les majorettes. Mais on faisait aussi beaucoup de manifestations en Ile de France (Carnaval et marché de Noël de Boussy, fête de Longjumeau, fête de la fraise à Bièvres, Rencontres des harmonies du Val d’Yerres à Brunoy et à Crosne, carnaval à Nozay, retraite aux flambeaux et défilé à Noiseau…) et dans d’autres régions comme la Normandie. On est même passé à l’émission de télévision Télé matin.

Les communes nous demandaient, on faisait un devis et on leur disait ça sera tant. Ça nous aidait un peu pour acheter des instruments, parce que nos musiciens, ils n’avaient pas d’instruments donc il fallait leur fournir.

On a aussi fait des échanges avec l’Allemagne et l’Angleterre avec le comité de jumelage de la ville d’Épinay. On est allé deux fois à Isernhagen et à Peacehaven, et eux sont venus à Épinay deux fois également. »

Jacqueline rappelle qu’elle a connu son mari parce qu’elle jouait dans une fanfare, mais qu’elle ne jouait pas dans celle d’Épinay. Elle était cependant très active pour toute la gestion de la fanfare et l’organisation de toutes les manifestations où elle était toujours présente. Certains week-ends, les concerts s’enchainent…

« Quand c’était le moment des fêtes en juin et en juillet, il y avait souvent une sortie le vendredi, une sortie le samedi, une sortie le dimanche. Et on s’est même vu parfois avec deux sorties dans la même journée. Comme pour le 11 novembre où on jouait pour une commune qui faisait sa cérémonie à 12h00, et deux heures avant, on jouait à Épinay. Pour nos tenues de fanfare, on est passé du vert au jaune pour finir en rouge/gris. On avait aussi une tenue de concert plus classe.

Pour se déplacer, on louait un bus et on se donnait rendez-vous sur le parking de l’ancienne salle des fêtes. On partait tout habillé avec nos instruments et quand on revenait, pas forcément de bonne heure le soir, le bus s’arrêtait à certains points de la ville pour nous laisser descendre au plus près de chez nous. Nos musiciens venaient pour beaucoup des Gerbeaux. »

« On faisait nos répétitions dans l’ancienne salle des fêtes d’Épinay à l’étage. Et plus tard, on a répété dans le petit chalet, puis dans l’ancienne école dans le vieil Épinay. 

On a été jusqu’à 50 musiciens, et à la fin, on était 25. »

Jacqueline et Laure se rappelle qu’elles ont fait un jubilée pour fêter les 40 ans de la fanfare « La Lyre » en 2010.
« C’était à la salle des fêtes près du cimetière, je crois qu’on était 200, on avait réuni 50% des anciens. On a fait une énorme fête, repas et spectacle. On a joué dans la ville le samedi matin. On avait fait venir 2 fanfares, celle de Crosne et celle de Limeil-Brévannes. C’est un super souvenir ! Ça me rappelle d’ailleurs que tous les ans dans cette salle d’Épinay, on faisait le bal de la Sainte Cécile ! »

« Mais en 2018, on commençait à s’essouffler et la mairie nous a dit qu’on n’était plus à la mode. On nous a coupé nos subventions. « La Lyre », c’était fini. Du coup, on a décidé de s’arrêter nous-mêmes, plutôt que de mal terminer. On a réparti ce qui nous restait en caisse entre l’UFAVAL et une autre association d’Épinay. » Aujourd’hui, Jacqueline réunit toujours chez elle à Boussy un petit groupe de musiciens. Laure y participe bien sûr, au côté d’une dizaine d’anciens de la fanfare. Ensemble, ils se font plaisir en jouant les morceaux qu’ils aiment et prolongent ainsi l’esprit de la Lyre, fanfare spinolienne qui aura existé pendant presque 50 ans.