Daniel CHABANE • La Jeunesse
Daniel CHABANE est né le 3 novembre 1950 à Paris 14e.
Ses parents se sont mariés très jeunes. Sa maman n’a que 19 ans quand elle accouche de son 4e enfant. Son père d’origine kabyle, né en Algérie, trouve un travail, mais qui ne permet pas au couple d’élever leurs enfants correctement.
Dès lors, l’enfance de Daniel et de ses frères et sœurs est rythmée par d’incessants passages à l’assistance publique.
Ils sont dès leur tout jeune âge placés dans plusieurs familles d’accueil dans la Nièvre pendant 3 ans.
Puis ils reviennent avec leurs parents dans la région parisienne à Aubervilliers. Mais au bout de 4 ans, ils sont de nouveau placés et cette fois dans l’Allier du côté de Moulins.
Puis ils reviennent dans Paris, repris à nouveau par leurs parents. De nouveaux problèmes de jeu enveniment à nouveau la vie du couple qui de nouveau se sépare.
La maman se retrouve seule avec ses 4 enfants. Elle est infirmière de nuit.
« Pour l’aider financièrement, je me suis fait embaucher avec mon frère par des petits magasins de primeurs qu’il y avait dans notre quartier. On ramassait des cageots, on aidait à installer… J’avais 8 ans. Le jeudi, comme il n’y avait pas école, on aidait des gens âgés à porter leur bagage dans les étages pour qu’il nous donne la pièce. »
La mère de Daniel se met en ménage avec un autre homme qui travaille aux Halles.
« Et de nouveau, nous sommes repartis à l’assistance publique. La DASS nous avait ramassé tardivement dans la rue en train de jouer et la police nous a embarqué.
Cette fois, on nous a envoyé de nouveau dans l’Allier, mais dans une grande ferme où j’étais avec mon frère. La famille d’accueil là, n’était pas très gentille, elle nous bousculait, nous faisait travailler, nous punissait en nous privant de repas, c’était assez dur… Les voisins l’ont signalé à la DASS et on a été évacué de là pour maltraitance. On nous a ensuite envoyé dans une autre ferme dans le Limousin près de Limoges où ça s’est très bien passé. On est tombé sur une famille en or. Après l’école et pendant les vacances, on travaillait la terre pour eux, on ramassait les pommes de terre, etc… Mais la famille était d’une grande gentillesse et on les appréciait beaucoup. J’avais une douzaine d’années.
Et en 1964, mes parents se sont remis ensemble pour nous reprendre. On est revenu à 3, car ma plus jeune sœur a refusé de rentrer et est restée avec sa famille d’accueil.
On s’est installé dans un appartement à Pantin. C’est en juin 1964 que j’ai passé mon Certificat d’Études avec mention. J’étais 2e du canton.
J’ai dit à ma mère que je voulais apprendre un métier pour gagner ma vie et ne plus être placé. Je voulais rester avec elle et l’aider.
Quand j’ai eu 14 ans en novembre 1964, j’ai été embauché par un magasin de vente d’articles ménagers. »
Pour son âge, Daniel est déjà très grand et très musclé. Alain, son oncle, qui est catcheur, l’amène à faire de la lutte gréco-romaine.
Daniel travaille désormais comme emballeur pour les papeteries Navarre. Pendant les vacances, il travaille aux abattoirs de la Villette.
Entre le sport et les travaux de force, ses résultats en lutte gréco-romaine progressent. Il finit par laisser tomber les papeteries Navarre pour s’engager complètement à la Villette comme coltineur.
Puis pour gagner plus d’argent, il se fait embaucher aux Halles comme travailleur de nuit. Daniel se consacre au sport dans la journée.
« En 1969, je suis devenu « Fort des Halles » lors du dernier concours.
Avec ce titre, je pouvais rentrer dans les forces de l’ordre ou devenir inspecteur dans l’hygiène alimentaire. J’ai continué à travailler dans la viande tout en faisant du sport, et cette année-là, je suis devenu vice-champion de France de lutte gréco-romaine. En 1970, j’ai obtenu le même titre, mais cette fois avec mon équipe. »
En 1971, Daniel fait son service militaire à PAU dans les parachutistes.
En 1972, il se marie et abandonne la lutte gréco-romaine.
Grâce au 1% patronal, Daniel et son épouse enceinte sont dirigés vers la vallée de l’Yerres dont il tombe sous le charme. C’est ainsi qu’ils s’installent à Épinay-Sous-Sénart au 1 rue Anatole France en 1973, année de naissance de leur première fille, suivie d’une deuxième en 1976.
« On était au dixième étage et on avait une vue imprenable sur Boussy. C’était magnifique. Plus tard en 1983, on a loué un appartement plus grand au 1 rue du petit pont. »
Après l’armée, Daniel revient travailler dans le secteur de la viande, mais les Halles de Paris sont abandonnées pour les Halles de Rungis en 1973. Daniel y travaille de nuit.
En 1983, il est contacté pour intégrer la liste RPR de Monsieur Dôle aux municipales d’Épinay.
« Et on a gagné. Pendant ce mandat et les deux suivants, j’ai été adjoint chargé de la jeunesse, du sport et de la prévention. »
En 1986, j’ai arrêté mon travail à Rungis. J’ai contacté le président gaulliste du Conseil Général de l’Essonne, Jean Simonin, qui m’a embauché comme chauffeur.
Il me laissait des heures pour faire mon travail d’adjoint en mairie d’Épinay.
Ensuite, c’est Xavier Dugoin qui a pris sa place à la tête du département, mais j’ai gardé ma place de chauffeur, puis suis devenu chef de garage, puis chef de cabinet adjoint. C’est alors que je lui ai proposé de faire l’opération « 100 jeunes au Mont-Blanc ». On s’est fait sponsoriser par Carrefour. Les jeunes venaient essentiellement des cités. L’ascension a été difficile, mais une trentaine de jeunes ont quand même réussi à aller jusqu’au bout. »
À Épinay, Daniel Chabane lance de nombreux projets.
« En 1987, j’ai lancé « Action jeunes ». L’idée était que les jeunes des quartiers fassent des petits boulots sur la commune rémunérés sous la forme de points, points servant à diminuer le coût de leurs vacances. Les jeunes aidaient les associations sportives ou culturelles, effectuaient des travaux de peinture dans les groupes scolaires. Du coup, les jeunes de la cité partaient en vacances comme les autres plus favorisés. Avec ce projet, j’ai remis un peu d’équité dans les congés des jeunes. Et ça a très bien marché. »
Moment fort de la ville, Daniel Chabane créé la fête des sports.
« Chaque année, on avait un thème différent. Il y avait un défilé dans la ville avec la fanfare, les majorettes, et chaque association sportive défilait avec un char que je leur demandais de réaliser. Les clubs du 3e âge participaient à leurs décorations. C’était vraiment un grand moment. On a même eu une élection de Miss Épinay à cette occasion. Toutes les associations sportives se rencontraient et tout finissait le samedi soir à la salle des fêtes par un énorme banquet où près de 500 personnes se retrouvaient. C’était fabuleux et très apprécié. Je suis fier d’avoir réalisé cela. »
Daniel Chabane créé aussi une fête du jour de l’an.
« Grâce à mes contacts à Rungis, on achetait toute la nourriture là-bas, et avec des copains cuisiniers et pâtissiers, on préparait les plats de la soirée. Cela nous permettait de pratiquer des prix raisonnables où les plus démunis pouvaient participer et faire la fête. On avait aussi des sponsors et j’arrivais à faire venir des troupes de danse de qualité en faisant jouer mes relations. On a quand même fait cela pendant 10 ans. »
« J’ai aussi fait changer le sol du stade qui était en herbe par un gazon synthétique sablé de très bonne qualité. On avait fait des essais de rebond avec de bons footballeurs d’Épinay. »
« J’ai aussi lancé le cinéma en plein air. La sécurité était assurée par une quinzaine de grands du quartier que j’avais contactés. »
Pour voir si tout va bien, Daniel arpente chaque semaine les stades, les gymnases, mais aussi la piscine.
« Pour la gym qui a obtenu d’excellents résultats, j’ai fait construire avec le maire une salle de gymnastique spécialisée. Ils ont tenu le rang de numéro 1 national pendant 10 ans avec des sélectionnés olympiques et des champions du monde.
Pour le judo, on avait refait le dojo. Eux-aussi ont eu de nombreux champions.
J’avais un bon budget et je m’assurai que les équipements soient de qualité. »
En 1987, en récompense de ses nombreuses contributions au développement de l’éducation physique et des sports, Daniel Chabane est fait chevalier de l’Ordre du Mérite sportif.
« Au niveau prévention, tout se passait bien. Les jeunes étaient très engagés dans les clubs sportifs de la ville et on ne rencontrait pas de problème.
Quant aux vacances scolaires, pour éviter que les jeunes soient désœuvrés, on s’est assuré que tous les équipements sportifs restent ouverts, avec des activités proposées par les associations, moyennant des subventions complémentaires.
« Action jeunes » restait ouvert aussi pendant les vacances. Et pour cela on m’appréciait. »
Un jour, un homme se présente à Daniel comme représentant des jeux Intervilles de banlieue et lui propose d’organiser cet évènement dans la ville.
« L’idée était intéressante. J’ai pensé à Boussy comme adversaire pour partager les frais. Et avec l’équipe municipale, on a décidé de réaliser ça au stade Alain Mimoun, le terrain permettant d’y apposer des structures lourdes.
Et ça a rencontré un vif succès. Il y a eu 2 200 spectateurs. Là aussi, on a embauché des jeunes d’Épinay pour assurer la sécurité. »
Un autre évènement a lieu l’été qui suscite beaucoup d’intérêt.
« Même Antenne 2 est venu nous filmer ! On avait créé, vers le centre social du côté des Cinéastes, « la plage bleue ». On avait mis du sable, des palmiers et un terrain de volley. Pendant toutes les vacances d’été, les jeunes sont venus jouer à des jeux de plage. »
Côté politique, Daniel Chabane effectue en tout 3 mandats d’adjoint avec le maire, Monsieur Dôle, de 1983 à 2001.
« J’étais mécontent du dernier mandat et on a monté notre propre liste avec David Nadaud qui était aussi adjoint à la culture dans notre équipe. Monsieur Dôle a perdu, mais nous aussi. C’est Madame Scelle-Maury (DVG) qui a été élue, puis réélue en 2008 jusqu’en 2014. À cette date, pour la contrer, c’est monsieur Pujals qui s’est lancé en campagne. Il ne souhaitait pas reprendre d’anciens élus, mais il a fini quand même par me proposer de le rejoindre. Et nous avons gagné les élections. »
À cette époque au niveau professionnel, Daniel Chabane est nommé directeur des sports et de la jeunesse de 2001 à 2003 pour le maire Georges Tron à Draveil.
Puis il est embauché jusqu’à la fin de sa carrière comme chauffeur et garde du corps chez Monsieur Dassault.
« En 2014 avec le maire monsieur Pujals, j’ai été maire adjoint chargé de la sécurité et de la prévention. Petit à petit, on a embauché des policiers municipaux qui n’étaient que 5 au départ pour monter à 12 policiers. Ils arpentaient les rues pour sécuriser les quartiers d’Épinay et chasser les dealers. Ça s’est bien passé.
En 2020, je me suis représenté avec monsieur Pujals, mais on a perdu. C’est monsieur Allouch qui a été élu. »
Au niveau d’Épinay, Daniel Chabane se rappelle aussi avoir organisé un Téléthon avec une course qui traversait toute l’Essonne sur 91 kilomètres. Toutes les villes volontaires accueillaient les participants. Ce fut un formidable succès.
Il créa aussi une association de course à pied, « Les as du 91 », avec laquelle il organisa des semi-marathons et des courses pour enfants.

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