Nadine NICOLELLA

Nadine NICOLELLA (Turmel) • CSMG

Nadine Nicolella est née en novembre 1962.

Elle est arrivée à Épinay-Sous-Sénart en août 1969 avenue Charles Gounod.

Ses parents habitaient Paris et sont venus louer à Épinay grâce au 1% patronal.
« Ils ont quitté une loge où ils résidaient avec leurs 4 enfants. Ils ont pu louer un appartement neuf et grand, avec 3 chambres, une salle de bain, des WC dans l’appartement, tout cela étant un véritable luxe pour une époque où se loger correctement était un calvaire. »
Arrivés parmi les premiers « nouveaux » habitants, la famille de Nadine Nicolella apprécie également l’environnement avec la proximité de la forêt de Sénart et la vallée de l’Yerres.

« Épinay est alors une ville qui se construit, tout le monde arrive en même temps dans l’immeuble, au moins 4 familles sont restées là jusqu’aux débuts des années 2000. En 1969, tout le monde se connaissait, on allait les uns chez les autres. Il n’y avait pas de barrière de communauté, c’était couscous chez les uns, choucroute chez les autres. On se rendait service, l’immeuble était une grande famille qui vivait ensemble.  

En tant qu’enfants, on était tout le temps dehors, on jouait autour des immeubles, il y avait très peu de voitures. Il y avait une maman qui criait que c’était l’heure d’aller à table et on montait tous.

Il y avait déjà une grande diversité des origines, mais on se fichait de savoir qui venait d’où, il n’y avait pas de clivages.

Pour chaque îlot d’immeubles, il y avait une courette avec des tape-culs, une balançoire, un bac à sable et un tourniquet. On s’y retrouvait tous, les mamans étaient là, discutaient entre elles. C’était une vie simple, heureuse et conviviale.

En fait parmi tous les nouveaux habitants, il n’y avait pratiquement que des jeunes couples avec de jeunes enfants, souvent des familles nombreuses mais très peu de personnes âgées.

On allait souvent en forêt de Sénart pour pique-niquer, mais aussi goûter sur les bords de l’Yerres.

Tous les ans, une fête foraine s’installait au milieu des immeubles. Il y avait aussi un marché présent 2 à 3 fois par semaine.

Pour l’école, on y allait tous ensemble. C’était à la Croix-Rochopt.

Après, je suis allée au collège Gérard Philipe. C’est là que s’opérait le mélange entre les spinoliens du sud et ceux du nord. Puis un deuxième collège a été construit en 1974 (La vallée).

Le mercredi, on allait au centre aéré de Maisons-Alfort (à Épinay) où on pratiquait de nombreuses activités. Avec les échanges, on partait souvent à la piscine de Maisons-Alfort. »

Nadine se rappelle également être allée au « parc des robinsons » près du Pré aux agneaux qui était géré par un couple baba cool. Il y avait des renards.

« On appelait cela le club des loulous. Il y avait une sorte d’enclos avec des poules, des lapins. Il n’y avait pas d’activités particulières, mais c’était juste un endroit sympa. »

« Question commerce c’était génial, au petit centre commercial, il y avait une petite supérette, un coiffeur, un libraire, une boulangerie, un pressing, un marchand de primeurs, un boucher, la pharmacie, etc… »

« Quand le grand centre commercial a été construit, il y avait en plus 2 boulangeries, une bijouterie, un fleuriste, un magasin de bricolage, des marchands de fringues etc… Vraiment on avait tout. »

« Au niveau du sport au début, il y avait juste le judo, le tennis, la danse et la gym. »

Nadine rejoint à 8 ans en 1970 le club de gym où elle se montre performante.

« On a tous commencé ensemble, les familles Maaoui, Delaroute… »
On s’est d’abord entrainé à la salle des fêtes. Plus tard, on a rejoint le gymnase Jean Piaget quand il s’est construit. Puis après, il y a eu le COSEC.

Le premier à nous entrainer s’appelait Prosper Vandekerckhove. Après le club s’est structuré, c’était un couple qui nous entrainait. »

Après en 1974, c’est la grande famille de la gym d’Épinay qui se met en place. Il y a l’incontournable Christian Col, entraineur et personnage mythique et fédérateur du club qui s’occupe des garçons, et du côté fille, c’est l’emblématique madame Puechberty qui entraine. Les enfants du club bénéficient d’un accompagnement de qualité. Ainsi est créé le célèbre CSMG (Club Sportif Municipal de Gymnastique).

D’autres figures emblématiques accompagnent le bon fonctionnement du club pendant des décennies comme le couple Jeanine et Gérard Delaroute.

« Les parents se sont fortement investis pour nous emmener aux compétitions, organiser la fête de la Gym, un évènement énorme, sans parler des défilés sportifs dans la ville qui rythmaient vraiment la vie à Épinay.

Au club de gym, les familles se retrouvaient et festoyaient souvent ensemble comme pour les réveillons, où nous enfants et adolescents, on pouvait jouer tranquillement. Il y avait également des échanges avec les autres clubs de sport d’Épinay comme le judo, la boxe. »

La ville devient « ville sportive » avec d’excellents résultats au judo, en gym, en danse. Le CMSG obtient beaucoup de bons résultats, l’équipe a pu évoluer au fil du temps ensemble et pendant longtemps. Les garçons et les filles les plus performants sont partis à l’INSEP.

À la fin de la 3ème, Nadine part à La Madeleine près de Lille faire une classe de sport-études. Les conditions sont rudes, elle est épuisée et elle y reste 2 années avant de revenir en 1980 et d’aller au lycée Talma à Brunoy.

« J’ai passé mes diplômes sportifs et je suis devenue entraineure de Gym.

Les postes étant déjà occupés à Épinay, j’ai été embauchée par la ville de Morangis/Chilly Mazarin de 1981 jusqu’à la fin de ma carrière en 2015. La gymnastique a modelé ma vie. Si je suis devenue ce que je suis, c’est grâce au club de gym d’Épinay. »

En parallèle, Nadine garde toujours un œil sur le club d’Épinay, ses enfants font de la gym, sa mère continue de s’en occuper.

Nadine s’investit également en tant que représentante des parents d’élèves.

Ses filles suivent pour partie leur scolarité à Épinay.

Nadine se marie avec un spinolien qui joue au basket et qu’elle rencontre au lycée Talma. Ils partent habiter à Brunoy faute de petit logement à Épinay, mais ils reviennent 2 ans après où ils achètent dans le quartier « Alsace Lorraine » puis dans celui du Levant.

En 1995, ils font construire une maison dans le vieil Épinay où ils sont toujours.

Aujourd’hui, Nadine apprécie toujours Épinay, son environnement avec l’Yerres et la forêt. Nadine trouve qu’Épinay bougeait plus avant. L’absence de commerces et d’un vrai marché est un vrai problème qu’il faudrait résoudre pour redonner une âme à la ville.
Mais Nadine est ancrée là. Ses grands-parents et ses parents sont restés là jusqu’au bout. « On est chez nous, on est d’ici et on reste » conclue-t-elle.