Marcel MÉNIN

Marcel MÉNIN

Je suis né le 13 juillet 1941 à Angoulême.

Je suis arrivé à Épinay parce que ma sœur à cette époque-là, qui était jeune mariée, a eu un logement SNCF à Yerres. Je suis venu habiter chez eux, parce que ma sœur avait peur de rester seule, son mari étant souvent en déplacement.

Ça m’allait très bien, parce que je faisais à cette époque-là de la représentation sur catalogne de meubles et de matériels électroménagers, et dans la vallée de l’Yerres, je me déplaçais dans tous les nouveaux logements. En plus, il y n’avait pas encore de grandes surfaces à ce moment-là, et Épinay commençait à se construire et à recevoir ses nouveaux habitants qui avaient de besoin de s’équiper. D’ailleurs la première livraison de meubles que j’ai faite, c’est au 1 rue Frédéric Chopin en 1967.

À cette époque à Épinay, il y avait des routes qui n’étaient pas finies, pas de trottoirs et pas de parkings. Il y avait très peu de bus et les gens avaient leur vélo, leur mobylette, leur voiture ou leurs jambes pour aller à la gare de Brunoy. 

Sinon Épinay, c’était des champs de blé, des champs de maïs, avec une route en terre battue au milieu qui n’était pas praticable l’hiver parce que c’était souvent inondé dans la vallée.

J’ai vu Épinay se construire avec toutes les grosses transformations. Les gens qu’ils avaient fait venir pour travailler étaient logés dans des bungalows aux Gerbeaux. Et une fois que les logements ont été disponibles, ils ont attribué des logements aux ouvriers qui travaillaient sur les chantiers. Vu ma profession, je me suis dit que j’allais profiter de ce coin là pour travailler. Et donc je faisais du démarchage et je vendais sur catalogue. Ensuite, je faisais des livraisons et des installations comme j’ai toujours fait. C’était du pain béni pour moi.

À Yerres, j’ai rencontré ma future épouse et je me suis marié. Nous sommes partis habiter à Évry, puis nous sommes revenus habiter à Brunoy dans un pavillon en 1981, en limite d’Épinay. Plus tard, j’ai divorcé et j’ai acheté un appartement à Épinay en 2002 rue Rossini près de la médiathèque où je suis toujours. 

J’avais beaucoup de clients à Épinay où je démarchais depuis longtemps, et en 1988, j’ai monté une boutique dans le grand centre commercial de la ville. Cela s’appelait MMM, Marcel Ménin Meubles.

Avec mes clients, ça se passait bien. J’avais toute sorte de clients. J’ai eu beaucoup d’employés de la mairie.  Les gens à cette époque-là emménageaient et ils avaient beaucoup de besoin. Alors je leur faisais un dossier de crédit. Pour le rembourser, il demandait à leur patron s’ils pouvaient travailler plus pour gagner plus et payer leur crédit. Et c’est exactement ce qui se passait bien souvent. 

Il y avait une partie de la population qui ne parlait pas très bien le français, mais qui était travailleuse et qui était solvable, ce qui n’est plus toujours le cas aujourd’hui. À cette époque-là, je travaillais facilement 50 à 60 h par semaine pour faire les livraisons et les montages.

Sinon, je travaillais aussi à Boussy, à Brunoy, à Quincy…

La ville d’Épinay a pris alors une belle tournure. C’était une commune neuve avec 2 centres commerciaux, un grand et le Relais Ouest, un grand marché qui avait un grand parking, une passerelle qui allait du parking en haut jusqu’au centre commercial. Les habitants l’aimaient parce qu’il y avait quand même plus de 20 boutiques. Il y avait 2 banques, 2 boulangers, un boucher charcutier, un boucher… C’était vraiment très attractif. En tant que commerçants, on organisait des fêtes pour Noël, pour la fête des mères, on faisait des loteries où les gens gagnaient un voyage. Il y avait de l’animation dans le centre commercial. C’était le meilleur spot commercial du secteur au niveau choix après la rue de Paris à Villeneuve Saint Georges.
Et le Relais Ouest était plus petit, mais avait quand même des clients pour vivre. 

À Épinay, il n’y avait pas de problème. Les commerçants travaillaient raisonnablement. On avait une commune agréable, les gens s’y plaisaient bien, on avait 2 centres commerciaux qui vivaient bien grâce aux habitants d’Épinay. Donc c’était une ville que l’on appelait une ville dortoir, mais c’était une ville plaisante avec une population agréable. Les enfants étaient bien encadrés. On avait des associations sportives qui étaient réputées et Épinay était une ville où il faisait bon vivre.

Il y avait des fêtes, des feux d’artifice et des bals. On avait des compétitions sportives importantes parce qu’Épinay a sorti de très bons sportifs, tel que Mendy, ancien champion du monde de boxe. Il y a eu aussi des joueurs de football professionnels et de très bons gymnastes.

Maintenant on est malheureusement toujours dans les travaux et ça fait 30 ans que ça dure, ce n’est plus du tout la même vie, les commerces ont disparu…

Et la population a beaucoup changé. Moi j’ai de la chance, je peux traîner le soir même jusqu’à 22h. C’est « Bonsoir Marcel » par ci, « Bonsoir Marcel » par-là, beaucoup m’apprécient car c’est une partie de la population que j’ai connu quand ils étaient bébés.

Maintenant je suis à la retraite, et comme les habitants d’Épinay me font confiance, je continue de bricoler ici et là, malgré mes 84 ans et mon handicap visuel. Et même quand je ne peux pas effectuer les travaux moi-même, les gens me demandent d’être présent pour contrôler si tout est bien fait.

Je prépare aussi des gâteaux avec plaisir quand il y a une fête dans la ville pour qu’ils soient vendus. Je récupère aussi beaucoup de vêtements. Les gens m’en donnent car ils savent que je les donne à des personnes qui en ont besoin. Alors j’en récupère ici et là, je prépare un sac et je vais dans telle ou telle famille et ils choisissent. Souvent, j’en envoie au Maroc, un pays où je suis souvent allé et que j’aime beaucoup. J’y ai de nombreux d’amis. 

Je reste très attaché à Épinay. Quand il y a des réunions du Conseil municipal, souvent, je suis présent pour écouter ce qu’ils se disent, ce qui se passe. De toute façon les 3/4 du Conseil municipal, je les connais, c’étaient des enfants quand je les ai connus. D’abord, même les jeunes d’ici, c’est toujours « Bonjour Marcel, Comment ça va ? Prends soin de toi. »

Aujourd’hui je reste à Épinay. Je suis propriétaire. Et j’ai ma famille à côté. Ma fille est à Boussy, mon fils à Brunoy. Et puis j’ai beaucoup d’amis. Il y a des amis que j’ai ici depuis 40 ans. Sinon, il y a encore un esprit solidaire. Par exemple pour le Ramadan, j’ai été invité deux fois à manger le soir, et on m’a apporté trois assiettes à la maison. Ils m’ont dit : « C’est normal, vous êtes notre Papy Marcel. »

Et ça fait bien plaisir. À l’inverse, ils savent qu’ils peuvent compter sur moi, et que s’ils ont un problème du type fuite de robinet, ils m’appellent à n’importe quelle heure et je viens avec les outils pour les dépanner.