Asto MONTCHO

Asto MONTCHO

Mon papa était boxeur en Afrique et il est devenu champion d’Afrique de boxe. Après, il est venu en Europe où il a continué de pratiquer la boxe. Puis il a fini par venir en France, parce qu’il y avait une salle de boxe réputée à Saint Ouen dirigée par Monsieur Micallef, et il s’est entrainé là-bas. Au départ, mes parents habitaient Vigneux. Ils sont ensuite venus habiter Épinay fin 1974, et c’est un an après que je suis né avec mon jumeau Steeve à Villeneuve-Saint-Georges. Et donc on a grandi à Épinay, je suis vraiment un enfant de la ville !

Mes parents sont venus ici parce qu’ils avaient trouvé l’endroit sympa. À l’époque à Épinay, il y avait beaucoup de prés, beaucoup de verdure. Et en plus, on était une très grande famille. Papa avait deux femmes, donc du coup on était une quinzaine d’enfants dont la moitié était née en Afrique et l’autre moitié était née ici, donc on avait besoin d’espace dans cette petite ville. 

Mon enfance a été magique. J’ai vraiment eu une enfance royale. Je me suis amusé comme un fou. J’avais une grande famille, donc j’avais plein de frères et sœurs, on a grandi aux Gerbeaux (aujourd’hui les Cinéastes). Et on était un groupe de potes avec qui j’ai grandi. D’ailleurs je suis toujours pote avec eux, ça fait 45 ans, on ne se lâche pas. Il y avait des gens de tous horizons, de toutes origines, et on passait des soirées chez les uns, des nuits chez les autres, on mettait le bazar. On jouait dans les prés, on jouait en bas de chez nous, au football, on refaisait le monde quoi. Et puis mon papa, je me souviens, quand on était tout petit, il nous emmenait au pied de la tour Eiffel, et là, sur le champ de Mars, on faisait des pique-niques, c’était magnifique. Franchement, j’ai eu une super enfance, on se baladait tout le temps, on ne s’arrêtait pas. 

Les étés, parce qu’au début on n’avait pas forcément la chance de partir en vacances, on s’amusait au bord de l’Yerres, on sautait dans l’eau, on apprenait à nager, on jouait avec les poissons et c’était génial. En plus on avait pieds, comme ce n’était pas très profond, on n’allait pas très loin dans l’eau, et il y avait la petite cascade où on jouait. On était là quand il faisait chaud, on faisait les fous !

Je me souviens quand on était jeune, on faisait des chasses à l’homme avec toutes les familles dans tous les Gerbeaux. Il y avait la famille Tanasi, la famille Cali, la, famille Ribeiro-Castro… Et moi on ne m’attrapait qu’en dernier parce que je courais très très vite. C’était incroyable !

En sport à Épinay, j’ai fait de l’athlétisme. Je participais aux cross du collège et de la ville.

 J’ai aussi essayé le tennis, la boxe, et j’ai joué un peu au foot, mais je n’arrivais pas à tirer droit, on m’appelait « pied tordu ». J’ai aussi été initié à la natation par Monsieur Gathu, c’était le gardien de la piscine à l’époque. Il nous poussait à plonger dans la piscine, à mettre la tête sous l’eau tout le temps, nous montrait comment faire pour remonter, il nous disait de pas s’affoler, il nous apprenait à braver notre peur.
Plus tard, j’ai tout donné pour la musique, et je n’ai plus eu le temps de faire du sport.

Pour ma scolarité, j’ai d’abord été en maternelle et en primaire à Georges Brassens. Il y a des profs qui m’ont marqué comme Thierry Pilliat, comme Monsieur Simonet. Il y avait Monsieur Lamy, je me rappelle, c’était le directeur de l’école et un jour, il m’a mis une baffe, je l’ai regardé, j’ai dit « What ? », j’étais choqué. Bon oui, c’est vrai que je faisais tellement de bêtises que mon papa, lui, il en avait marre de moi, il allait voir les professeurs, il leur disait : « Prenez mon fils comme votre fils s’il fait des bêtises, occupez-vous de lui comme si c’était votre fils. » Et là les professeurs ils étaient contents. À l’époque, on avait encore le droit de mettre des baffes. Alors j’ai dit à mon père : « Mais papa, pourquoi tu as dit ça ? » Il dit « Eh vous faites trop de bêtises, c’est bon, j’en ai marre, laissez-moi tranquille, allez à l’école et travaillez. » Et je bossais à l’école, je me débrouillais bien, mais j’adorais faire des bêtises. Alors moi j’étais au fond de la classe, je faisais des âneries, je lançais des craies, et je vannais tout le temps.

Du coup, tous les directeurs des écoles entendaient parler de moi, et ils venaient tous me voir au début en me disant : « On m’a parlé de vous Monsieur Montcho, alors je vous préviens, ici ce n’est pas comme dans les établissements où vous étiez, ici on se tient à carreau, sinon gare à vous. » Et malgré cela, je pense qu’à chaque fois, j’étais celui qui avait le plus d’heures de colle !

Après, j’ai été au collège La vallée, puis au lycée Maurice Eliot avec le proviseur de l’époque qui s’appelait Monsieur Pantèbre. Je suis arrivé avec des tresses avec des couleurs dans tous les sens, avec des tétines dans la bouche. Un jour avant le Bac, le proviseur vient me voir, et il me dit : « Je vous préviens, si vous n’avez pas le bac, je ne vous reprendrai pas. » Je lui ai répondu : « Écoutez-moi bien Monsieur, je vais avoir le bac et je ne reviendrai pas voir votre tronche de m…. . Là, il n’en pouvait plus. Et j’ai eu le bac. Je ne l’ai pas eu avec mention, je l’ai eu au rattrapage, je devais rattraper 44 points et j’ai rattrapé 104 points. C’était énorme, j’ai fait une dinguerie.

Ah mais sinon, ce qu’on a fait là à Épinay franchement, c’était incroyable.

Et donc vers mes 14 ans, j’ai commencé à faire du hip hop et du rap.

Ici avec mon prof, Monsieur Boutin, et avec Madame Verzoni, en cours de musique, on a fait des trucs incroyables. C’étaient nos premières notes de piano, nos premiers enregistrements avec les dictaphones de l’époque, on essayait de trouver des accords pour trouver des mélodies pour commencer à rapper dessus. Madame Verzoni, c’était une belle dame, très classe, toute dans l’élégance. Monsieur Boutin lui, il était plus traditionnel avec une barbe, une moustache, avec son petit pantalon marron, sa petite chemise à carreaux. Il était de petite taille et il était marrant.  Je me souviens, on créait nos lyrics et après le cours de musique, on restait un peu encore avec les profs, et mon saxophoniste, Davy Basquin, était là et nous accompagnait.
Après j’ai dit, il faut qu’on monte un groupe. Et on s’est retrouvé dans des caves. C’est là qu’on a commencé. Mon frère Steeve, mon jumeau, il avait un groupe qui s’appelait « 9 Respect » avec David Ahoua. Et moi j’étais avec Slim Raïs et on a monté un groupe qui s’appelait « Impact 91 ». On est parti à l’UFAVAL, on allait là-bas répéter avec Feker, c’était un grand danseur de l’époque (aujourd’hui disparu) et il dansait avec nous, avec aussi la danseuse Marie Delphine Nilles qui vit maintenant en Espagne.

On s’amusait, on faisait les dingues, on faisait plein de scènes ici à Épinay ou dans la région.

Puis on s’est retrouvé au Printemps de Bourges et aux Francofolies de la Rochelle. On a fait des trucs incroyables. Mon frère jouait avec MC Solar et moi je jouais avec IAM et NTM, c’était devenu mes potes. J’ai aussi connu DJ Cut Killer. On les a fait venir à Épinay. Il y avait des concerts tout le temps, à la MJC et pendant les fêtes de la musique.

À Épinay pendant les émeutes de 1995, j’ai pris mes distances avec ceux qui cassaient.

J’étais plutôt dans l’esprit «Peace and love ». Alors j’ai proposé d’être leur porte-parole. Je préférais écrire des chansons, des lyrics, des textes pour pouvoir dire ce qui n’allait pas, et donc dans cet esprit, on a fait plein de concerts sur la place du marché.

Après le bac, je suis parti à la fac de la Sorbonne pour faire AES (Administration Économique et Sociale), parce que mes parents voulaient que je fasse des études. Ils ne croyaient pas en la musique. Mais moi, je commençais déjà à faire le tour du monde avec les DJ. Mais ils ont dit non, la musique non. Et donc je suis resté à la fac pendant 2 ans, j’ai préparé un DEUG. Et un jour, j’ai ma prof d’histoire de la FAC lors d’un TD qui m’interpelle et me dit : « Vous là Monsieur Montcho. Je tiens à le dire à tous vos camarades, ce monsieur là, vous le voyez comme ça, mais c’est un artiste. Mon fils me parle de lui à la maison tout le temps. Il paraît qu’il fait des concerts avec des grands artistes partout dans le monde. » Et ils étaient morts de rire. Et ils font : « Ah bon ? ». La prof : « Oui, oui, oui… ». 

Ah vraiment, je me suis amusé partout où j’allais. Donc j’ai fait un DEUG, mais ça me saoulait. Après j’ai dit, je vais faire le tour du monde, donc j’ai dit à mes parents, c’est bon maintenant, il faut que je me barre. Et là j’ai commencé à tourner, on a fait des tournées dans tous les sens. 

On faisait la tournée de SOS Racisme et c’est comme ça que j’ai connu tous les grands artistes. À l’époque, je travaillais dans une chaîne d’hôtel qui s’appelait Libertel quand j’étais à la fac, et IAM, ils venaient dans cet hôtel-là, et donc moi je les ai réceptionnés. C’est comme ça qu’on est devenu potes. Après ils m’ont invité à l’enregistrement de leur album qui s’appelait « L’école du micro d’argent » en 1996. Et pour la petite histoire, c’est Akhenaton qui m’a appris le décès de Tupac Shakur. J’étais avec eux en studio, ils écoutaient mes sons parce que je leur faisais écouter ce que je faisais et moi j’écoutais le nouvel album qu’ils faisaient. On trouvait ça franchement génial et à un moment donné, je vois Akhenaton au téléphone, le visage serré, je le regarde, je lui dis : « Mais qu’est ce qui se passe ? ». Il me dit : « Asto, on vient de m’annoncer une nouvelle grave. » Je dis « Quoi ? ». Il me dit « Tupac Shakur il est mort ». Je dis : « quoi ? C’est pas possible ». Il me dit : « Si à l’instant ». Tout ça c’était un truc de dingue.

On faisait des concerts tout le temps, on faisait des projets d’enregistrement de titres sur des mix tape. C’était génial. On m’appelait le Busta Rhymes français parce que j’avais la même tête que l’artiste américain, avec un timbre de voix bien épais et bien gras. Et j’avais des dreadlocks. J’avais la même folie que lui et partout où j’allais dans les Francofolies de La Rochelle, le Printemps de Bourges, Rock en scène, à chaque fois que je montais sur scène, les gens étaient là et disaient, mais ce mec est fou, il a une énergie de dingue. Ah ouais, c’était génial ! Et ça marchait bien, franchement on n’était pas à plaindre, on était là, ils appelaient ça la fougue de la jeunesse, on était fou, on s’amusait, on ne se posait pas de question. Les parents on les voyait cinq minutes, on se rebarrait et voilà, on kiffait, on kiffait… Juste après, je suis devenu MC, j’ai tourné avec DJ Mouss, DJ Cut killer, DJ Abdel, je faisais les shows avec eux dans les soirées et j’ai connu Magic System, j’ai connu Kore et Skalp, j’ai connu Leslie, j’ai connu M Pokora, j’ai été signé dans la même boite que Willy Denzey, M Pokora, Kore et skalp, et j’ai commencé à faire des projets  avec eux. C’est là que j’ai sorti un titre qui s’appelle « La prise de la Bastille ». On a mis ça en clip. J’étais complètement barré dans le milieu, tout le monde faisait des clips sur la Street, et moi j’étais là, j’écrivais sur la Révolution française et je me mettais dans des habits de lumière, et je me régalais. Je ne me suis jamais pris au sérieux en fait, et c’est ça qui fait que je suis toujours heureux. Je suis toujours bien dans ma vie, bien dans mes baskets. C’est que du Love. 

Donc rappeur, animateur DJ, et après doubleur et comédien.
Parce que jusque-là, je n’avais pas de feuille de paie, je touchais de l’argent souvent cash. Et pour avoir un prêt en banque, il m’en fallait. Alors j’ai décidé de faire autre chose. C’était en 1998. Et j’avais une voix.
Un jour j’ai vu une pub à la télé pour Cetelem et j’ai trouvé la musique trop canon et donc je prends mon téléphone, j’appelle Cetelem et je dis : « Bonjour, j’ai vu votre publicité à la télé, elle me plaît, qui est-ce qui a fait la musique ?

Et après avoir insisté et avoir eu plusieurs interlocuteurs qui hallucinaient de ma demande, je finis par avoir le téléphone de l’artiste qui s’appelait Jean Dindinaud a.k.a le Professeur Inlassable. Je l’appelle et lui dis : « Bonjour j’ai pris vos coordonnées parce qu’apparemment, vous avez fait la musique de CETELEM qui défonce là et que j’adore. » Et là il me dit : « Mais vous êtes qui vous ? » Je lui dis que je suis rappeur. Il me dit : « Bon OK bon venez me voir, ramenez ce que vous faites pour voir si ça me plaît. » Et je vais le voir. Il écoute ce que je fais, il trouve ça génial, il me dit : « Allez je vous donne les pistes séparées. » C’était trop cool de faire un morceau avec. Parce qu’à l’époque, quand on commençait la musique, ce qui était génial c’était d’écouter des trucs qui nous plaisaient, des morceaux de l’époque qui cartonnaient et de les reprendre et les adapter en hip hop. Et si ça marchait, c’était tiercé gagnant. Du coup il me donne le son et avant de partir il me dit : « Au fait, ça ne vous dirait pas de faire un essai ? Je cherche souvent des voix, on ne sait jamais. » Donc je rentre dans le studio, il me fait faire quelques essais, il entend ma voix, il me fait : « Oh mais vous avez une voix, elle est super stylée, on va travailler ensemble. » Je dis : « Ah bon ? » Il me dit : « Oui, oui, oui ! ». Donc un jour, il me donne rendez-vous pour faire une pub avec lui, et l’argent, c’était encore en franc à l’époque. Je rentre dans le studio, je fais la séance chez lui Rue Dauphine à Paris, c’était pour Malibu. Je fais la voix pour la pub et à la fin, il me donne ma fiche de paye et je vois marqué 4000 francs. J’ai dit : « Quoi ? Je suis resté 1 h et j’ai gagné 4000 francs (600 euros). Mais c’est de la folie ! » C’était incroyable.
Et du coup à partir de là, il m’a parlé d’un comédien, celui qui doublait Bruce Willis, en me disant : « Je suis sûr que vous allez travailler ensemble. » Et donc il me présente à Patrick Poivet, on est en train de déjeuner, Patrick voit ma tête, m’entend parler, et il dit : « Il a une bonne tête et en plus une bonne voix, allez on part ensemble tout à l’heure en studio. » Et donc il me ramène chez Dubbing Brothers aux studios de Plaine Saint Denis où on fait tous les doublages des gros films et de toutes les grosses séries. Il me dit de rentrer dans le bureau du Boss et de lui dire que je sais tout faire. Donc je suis rentré dans le bureau du Boss, j’ai dit : « Bonjour, je m’appelle Asto et je viens de la part de Patrick Poivet, il m’a dit de vous dire que je savais tout faire. » Le boss me répond : « Ça tombe bien, je cherche des gars comme vous ! ». C’était génial. Mais j’ai attendu presqu’un an avant qu’il m’appelle, parce c’est un milieu très fermé. 

Je suis parti d’abord avec Monsieur Jean-Pierre Dorat en studio sur un film qui s’appelait Jeepers Creepers, un monstre de paille qui fait peur aux enfants. Là, j’ai passé l’essai mais ce n’était pas concluant.
Il me dit ce n’est pas grave, vous reviendrez. Et là, on me rappelle, la Secrétaire me dit : « Ah j’ai une dame qui s’appelle Karine Krettly, elle va faire un film et je vous mets dessus. » Donc je vais voir Karine Krettly qui était directrice artistique, elle me fait passer des essais, c’était pour doubler un portoricain très balaise, il devait faire 120 kilos, et donc j’essaye ma voix dessus, et Karine me dit : « Ça défonce ! ». Après je me suis retrouvé comme ça sur des plateaux dans tous les sens à faire des films jusqu’à ce que Karine Krettly m’appelle un jour pour me faire passer un essai sur un rappeur, c’était le Biopic sur Notorious B.I.G., le rival de Tupak, décédé également. J’ai passé les essais et j’ai eu le rôle. Karine m’a dit : « Asto là, à ce moment-là, vous allez être incontournable, ça veut dire que votre nom là il va traverser le Game, et c’est parti ! ». Et il y avait des gars comme Rohff qui ont passé des essais mais ils n’ont pas été pris parce qu’il ne fallait pas savoir que rapper, il fallait savoir jouer et moi j’avais appris sur le tas quand j’étais rentré dans les studios.
Voilà c’est génial, je m’amuse, je ne fais que ça m’amuser. 

Ah franchement ma jeunesse, j’étais le plus heureux du monde. Ah ouais, je suis le plus heureux encore. Si moi je meurs demain, les gens ils ne vont pas pleurer, ils vont rigoler. Avec lui ils vont dire, on ne peut que rigoler.

50 ans d’Épinay, j’ai trop de beaux souvenirs, c’est passé très vite.

En fait, ça s’est passé à la fois vite et lentement, parce que moi j’ai bouffé la vie comme ce n’est pas permis, ça veut dire que moi tout ce que j’ai voulu faire dans ma life, tout ce dont j’ai rêvé, je l’ai toujours fait, je ne me suis jamais posé de questions. Je me suis retrouvé à Los Angeles aux Oscars avec l’équipe de Black Panther, quand ils ont eu la récompense j’étais avec eux parce qu’un pote m’a invité. Je me suis retrouvé au Festival de Cannes pour défendre de la musique d’un court métrage que j’ai écrit avec un pote qui a eu énormément de succès et plein d’autres projets. Je me suis toujours amusé. Je suis un grand enfant, je m’amuse tout le temps. C’est que du Love !

En racontant tout ça, je fais un voyage dans le temps.

Jusque à l’âge de 40 ans, j’ai habité Épinay car je m’occupais de mon papa malade car chez nous on prend soin dans parents à la maison.

Aujourd’hui, j’habite le 94, mais je viens souvent à Épinay voir ma mère qui habite toujours ici.

Maintenant, on a des cheveux blancs et on est dans la transmission. Aujourd’hui, j’ai un enfant de 6 ans, je kiffe et je lui fais écouter ce que je faisais à l’époque. Il me suit dans mon travail artistique parce que maintenant je prête ma voix pour des films sur des gros projets comme « A star is born » ou « Avengers », et donc je lui explique un peu le parcours de papa, ce que j’ai fait, que je suis toujours artiste, et à côté de ça, je trouve encore des petits à côté pour pouvoir essayer d’ouvrir les horizons, pour avoir une vision 360°. Je produis avec des potes de temps en temps quand on trouve des artistes qui nous plaisent, on se fait plaisir. Je cours toujours dans tous les sens.

Mais je suis carré, je m’occupe de mon fils, et il faut être là et à l’heure.

Mon fils est très vif, il parle plusieurs langues, il est un peu comme moi.

Tout ce que j’ai vécu à Épinay, j’aimais bien, parce que la ville était très verte à l’époque, mais ils ont trop bétonné. Ça n’a plus aucun sens, il y a trop de bâtiments, ça ne respire plus. À l’époque, il y avait encore assez d’herbe, on allait dans la forêt là-bas derrière les Gerbeaux, il y avait une sorte d’usine grise en forme de pyramide on glissait dessus, et il y avait l’Yerres à côté et on se retrouvait là-bas. On s’amusait, on n’avait pas grand-chose, mais on était heureux. Mais là ils ont mis des bâtiments partout. Les jeunes, ils n’arrivent pas à se poser. Il faut laisser place à la verdure pour que les gens puissent se retrouver et qu’il y ait moins de tours pour pouvoir se poser et respirer.

Parce qu’aujourd’hui, il y a des rodéos urbains, les gens de la ville sont confrontés au trafic, il n’y a pas d’encadrement des jeunes, on ne veut pas les stimuler pour faire des projets, que ce soit artistique ou autres. Et les jeunes ils galèrent, ils tournent en rond, ils font n’importe quoi jusqu’à ce que j’apprenne qu’il y a des rixes mortelles, c’est dommage, c’est très triste… 

Aux jeunes, je veux leur dire qu’aujourd’hui, c’est eux qui doivent faire en sorte que leur vie, elle se dessine comme moi j’ai dessiné la mienne. Ça veut dire qu’il faut qu’ils se disent que rien n’est impossible, il faut qu’ils se donnent les moyens. Quand ils ont des rêves, il faut qu’ils y aillent. Il y des footeux, il y a des artistes, il y a plein de gens qu’on voit un peu et qui sont en train de péter les scores et je trouve ça génial. Ceux-là, il faut qu’ils entraînent avec eux les bougs de la street qui sont là, qui n’arrivent pas à se réaliser, parce que ce n’est pas une fatalité que de ramer dans la cité. Il faut juste savoir où est ce qu’on veut aller et quelle direction on veut prendre pour avancer. Je pense qu’il y a possibilité de pouvoir leur parler. D’ailleurs récemment il y a une dame qui m’a appelé qui veut que j’aille la voir dans le sud de Paris pour parler avec des jeunes dans une école, pour échanger sur mon parcours de vie, pour essayer de les booster pour leur donner un espoir de réussite par rapport à mon parcours, et c’est ce que je leur dirais, qu’il faut qu’ils croient en leurs rêves et puis surtout qu’ils se fixent des buts, des objectifs pour avancer parce que tout est possible. Et moi je vous dis, je suis la preuve vivante qu’on peut faire ce qu’on veut. Moi je me suis vraiment toujours amusé.