Du petit village rural…

Du IXème jusqu’au milieu du XVIIIème, la Ferme et les terres d’Epinay-sous-Sénart appartiennent à une congrégation religieuse : l’Abbaye Sainte Geneviève au Mont de Paris.

En 1756, les religieux louent leurs terres à Jean PARIS de MONTMARTEL, seigneur de Brunoy et garde du trésor royal. Après sa mort, son fils vend la seigneurie et le bail au Comte de Provence, futur Louis XVIII.

Pendant près de 200 ans, Epinay-sous-Sénart est un petit village agricole aux terres fertiles. L’unique exploitation est la Ferme, située sur le site de l’actuel Centre de Secours et d’Incendie, dont les propriétaires possèdent un tiers de la commune. Elle jouera durant cette période un rôle essentiel, tant social que politique.

… à la naissance de la Ville nouvelle

Après la Seconde guerre mondiale, en France et notamment en région parisienne, la crise du logement sévit. En 1958, les pouvoirs publics créent les Zones d’Urbanisation Prioritaires (ZUP).

Epinay-sous-Sénart est inclus, par un décret du 9 mars 1959, dans la Zone à Urbaniser en Priorité n°14.

Le 28 septembre 1962, le Conseil municipal émet un avis favorable à l’urbanisation de la commune.

Les différents quartiers de ville sont construits en moins d’une décennie à partir de 1963. Le premier lotissement mis en chantier est celui de la Croix-Rochopt.

En 1963, lorsque les travaux de l’opération « Grand Ensemble Val d’Yerres » commencent, moins de 900 personnes vivent à Epinay-sous-Sénart. En 1975, la commune compte près de 15000 habitants, ce qui témoigne d’une très forte poussée démographique.

Les origines du nom

Le nom de la Ville aurait une origine gallo-romaine : spinolaïum, du latin spina qui veut dire «épine», «buisson épineux».

Spina peut, aussi, vouloir dire épine dorsale et donne spica (épi de blé) et spingula (épingle), ce qui peut se traduire par être à la tête d’un tournant, d’une rivière ou d’une colline. C’est le cas d’Epinay, nichée dans l’un des méandres de l’Yerres.

Entre le XVIème et le XVIIème siècle, la commune porte le nom d’Epinay-sur-Hières, en référence à la rivière, avant de prendre le nom d’Epinay-en-Brie au XVIIIème siècle.

Ce n’est qu’à partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle que la ville acquiert le nom d’Epinay-sous-Sénart, que nous lui connaissons encore aujourd’hui, en référence à la forêt domaniale qui porte le même nom.

Le blason

blason-EpinaySenartLe blason d’Epinay-sous-Sénart n’a rien d’ancien puisqu’il remonte au 1er avril 1982, date de son adoption par le Conseil municipal sous le mandat de Pierre BONNINGUE.

Les rameaux de chêne autour du blason symbolisent la forêt de Sénart, la couleur bleue, l’Yerres. Les « V » inversés rappellent l’origine quelque peu controversée du nom de la commune pour lequel deux explications ont été données. La première tenant à la végétation du secteur « les buissons épineux », l’épine. La seconde tenant à la situation de la commune dans la boucle de l’Yerres.

La cosse et la quenouille symbolisent la présence des Génovéfains à Epinay. Cet ordre religieux a été, du Moyen-Age à la Révolution, le propriétaire foncier le plus important de la commune.

Personnages célèbres

Plusieurs personnages illustres ont vécu à Epinay-sous-Sénart.

Maurice ELIOT (1862-1945)

Maurice Eliot 1862-1945

Charles Louis Maurice ELIOT naît le 9 septembre 1862, au domicile de ses parents, 61 rue de Grenelle dans le 15ème arrondissement de Paris. Maurice ELIOT partage son enfance entre Paris et Epinay-sous-Sénart, chez ses grands-parents maternels.

Si Maurice ELIOT naît à Paris, c’est à Epinay-sous-Sénart qu’il passe ses vacances et découvre la nature. Son grand-père maternel, Jean-Louis BOURET (maire du village de 1860 à 1865) est propriétaire de deux maisons et d’une orangerie rue Sainte Geneviève.

En 1880, il intègre l’école des Beaux-Arts. En 1883, il réussit le concours de professorat de dessin dans les écoles de la Ville de Paris et commence à exposer régulièrement dans les salons officiels. A la fin du XIXème et au début du XXème siècle, il devient un peintre reconnu dont les œuvres sont primées dans les expositions. Ainsi, en 1888, il obtient le 2ème grand prix du concours du Prix de Rome avec « Ulysse et Nausicaa » et en 1889, une médaille d’argent à l’Exposition universelle.

En 1900 et 1901, il cesse de donner des cours de dessin dans les écoles de la ville de Paris et devient professeur de dessin à l’Ecole Polytechnique, où il restera jusqu’à sa retraite en 1932.

Il participe avec le sculpteur Jacques FROMENT-MEURICE, autre résident célèbre du village, à la toute première exposition d’arts à Epinay-sous-Sénart.

Même s’il vit et travaille à Paris, Epinay-sous-Sénart et ses alentours jouent un rôle de tout premier plan dans sa peinture néo-impressionniste.

Maurice ELIOT s’éteint le 21 août 1945. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Le Grand chalet normand où il a vécu est devenu le Centre culturel Maurice Eliot.

Jacques FROMENT-MEURICE (1864-1947)

Jacques FROMENT-MEURICE naît à Paris le 7 octobre 1864. Descendant d’une célèbre famille d’orfèvres, il est aussi le neveu de Paul MEURICE, auteur dramatique et romancier, proche de Victor HUGO.

Alors qu’il se destine à intégrer l’école militaire de Saint-Cyr, sa rencontre avec le sculpteur animalier Henri CHAPU va changer son destin. En effet, il décide de se spécialiser dans le bronze animalier et notamment dans les équidés.

Le 15 mai 1899, il épouse Charlotte LESBROS-RITT. Le couple vit à Paris puis vient s’installer à Epinay-sous-Sénart, dans la magnifique propriété qu’avait construite Eugène RITT. Charlotte a également hérité d’une jolie demeure située sentier des galops, actuelle rue Henri Lot, que Jacques va transformer en atelier. C’est dans cet atelier que seront créées plusieurs de ses œuvres les plus célèbres, dont le monument en hommage à Frédéric CHOPIN que l’on peut voir au Parc Monceau.

Jacques FROMENT-MEURICE décède à Maisons-Laffitte le 2 décembre 1947.

La maison bourgeoise où il a vécu est devenu l’Hôtel de Ville et son atelier fait partie intégrante du Centre de Loisirs de Maisons-Alfort.

Eugène RITT (1817-1898)

Né à Paris le 23 mars 1817, il passe son enfance et une partie de sa jeunesse à Strasbourg. Revenu à Paris vers 1834, il devient comédien, jouant, principalement en banlieue, des rôles secondaires. Il se transforme assez rapidement en homme d’affaires habile et ingénieux. C’est le début de sa fortune.

Eugène RITT revient dans le monde du spectacle, d’abord comme administrateur du Théâtre de l’Ambigu puis, en 1859 comme co-directeur. Il passe ensuite à l’Opéra-Comique qu’il co-dirige avec Adolphe de Leuwen (décembre 1862 – janvier 1870). En septembre 1873, il s’associe avec Henri La Rochelle pour co-diriger le Théâtre de la Porte Saint Martin.

En 1884, il est nommé directeur du prestigieux Opéra Garnier, qu’il co-dirige avec Pierre Gailhard pendant 7 ans (29 novembre 1884 – 31 décembre 1891). La même année, il est élu conseiller municipal d’Epinay-sous-Sénart, où il résida de très nombreuses années.

Eugène RITT décède le 11 mars 1898 à son domicile parisien.